La réponse politique à votre indignation !

vendredi 18 mars 2011

L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie

Face à l'océan, du haut de l'esplanade qui surplombe la côte des basques, les problèmes de ce monde semblent immédiatement se diluer dans le spectacle de l'immensité parfois agitée et sombre, parfois paisible et lumineuse. C'est du haut de ce lieu magique qu'une amie et moi discutions. Suite à une remarque à propos de la révolution citoyenne en Algérie et du fait que le mouvement était passé de l'Amérique latine à la Méditerranée, à l'Islande et se rapprochait de nous, elle me répond : "il faut comparer ce qui est comparable".

Comparons :

- Diktats des marchés financiers sur les Etats
- Hybridation entre les dirigeants politiques et économiques
- Corruption et conflits d'intérêt
- Privatisation des biens publics et des fonctions régaliennes de l’Etat
- Contrôle des médias par les pouvoirs politiques et économiques
- Détournement de la démocratie représentative (référendum de 2005)
- Détournement de la richesse produite par une minorité
- Crise écologique et croissance des inégalités
- Déclassement d'une fraction de plus en plus large des classes moyennes
- Hausse dramatique des inégalités
- Dégradation de la représentation d'une frange immense de la population (partis, femmes, jeunes, minorités visibles, handicapés) dans tous les lieux de pouvoir symbolique et réels
- Pouvoir clanico-monarchique
- Mépris de la langue, de la culture et de la recherche
- Valorisation de la vulgarité et de la richesse ostentatoire


Pour Hervé Kempf, auteur de l’ouvrage intitulé L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, ces symptômes concernant la structuration des pouvoirs politiques, médiatiques et financiers attestent, en France, d’un changement de régime politique.

« Cela veut dire qu’à mon sens, nous sommes dans un état de dégénérescence de la démocratie qui nous fait entrer - à moins que nous y soyons déjà pleinement entrées – dans le régime oligarchique ».

Il s’agit, pour Hervé Kempf, de donner les moyens de penser « une critique forte » et argumentée, du fait qu’un cercle restreint de puissants discuteraient, en conclave, de décisions qu’ils imposeraient par la suite à l’ensemble des citoyens, comme par exemple dans le cas du Traité de Lisbonne imposé aux européens. Une critique d’autant plus nécessaire qu’une telle dégradation de l’égalité des droits politiques, de l’égalité par la naissance, de l’égalité de pouvoir, véritables privilèges des citoyens détournés par les oligarques, ne permet pas d’envisager la mise en œuvre de politiques structurelles pour faire face à la l’urgence sociale et écologique actuelle.



« Nous avons passé l’apogée du capitalisme en tant que période historique (…) l’évolution du régime oligarchique actuel est d’aller vers un capitalisme de plus en plus autoritaire. (…) Ils ne lâcheront rien, ils ne comprennent rien, ce sont des dinosaures et jusqu’au dernier moment ils brouteront la pâture de l’exploitation et de la plus-value sans voir les météorites qui arrivent. (…) La régression des libertés publiques n’est pas un choix populaire. (…) Qu’on le veuille ou non, nous sommes bien dans une logique de confrontation. »

Voilà pourquoi l'heure n'est plus aux amabilités!

Malheureusement tout individu exigeant de ses concitoyens un peu d'intérêt pour la chose publique et donc un peu moins pour le loisir, la distance cynique et la "cool attitude" est considérée comme agressif, intellectuel (ce qui est devenu une insulte) et pisse-froid. Tout est bien verrouillé. Et le pire est peut-être de regarder ces photos d'André Zucca, pendant l'occupation. Même aux plus humiliants et douloureux moments du joug allemand, les gens s'amusaient, insouciants, les affaires continuaient...pendant qu'une minorité résistait...Mais "il faut comparer ce qui est comparable"....

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